Nous nous placerons ici uniquement dans le cas des basses
fréquences, en gros inférieures à
. Nous appellerons enceinte acoustique
un volume clos rigide sur lequel on a fixé un ou plusieurs haut-parleurs et,
éventuellement, un haut-parleur passif ou un évent de bass-reflex. A
la
longueur d'onde du son dans l'air étant de l'ordre de
, on admettra que les
dimensions de l'enceinte sont petites devant la longueur d'onde, ce qui est bien
vérifié en pratique. On fera donc l'hypothèse que pour le rayonnement dans un espace
infini et dans l'air l'enceinte rayonne comme une sphère pulsante, même si seulement
une partie de sa surface est en vibration.
Une vérification expérimentale en a été faite en salle anéchoïque avec un haut-parleur de
monté dans une enceinte close de volume
. Le microphone de mesure
était placé à
du centre du plan du haut-parleur successivement dans l'axe, à
de l'axe et à
de l'axe. Les courbes de réponse obtenues se
superposent à une excellente précision jusqu'à
, après, bien sûr, les choses
se gâtent mais on s'en doutait un peu. On peut remarquer que l'on a l'habitude de faire
les mesures à
du haut-parleur, c'est une sorte de norme communément admise dans ce
domaine.
Le rayonnement se traduit alors par l'existence d'une pression efficace à
du
haut-parleur proportionnelle au flux d'accélération efficace:
Donnons une application numérique de cette formule. Prenons le cas d'un haut-parleur
de
de diamètre extérieur, le diamètre utile de la membrane est d'environ
, ce qui donne une surface de
. Nous allons chercher quel
doit être le déplacement pour obtenir
à
à une fréquence de
soit une pulsation de
. On peut écrire, en passant à la fonction inverse
du logarithme
En fait, l'hypothèse du rayonnement en champ libre est une hypothèse d'école, choisie parce qu'elle donne les calculs les plus simples. En réalité les choses se passent moins bien: dans le cas d'une écoute domestique dans une pièce d'habitation les dimensions de la salle sont de l'ordre de grandeur de la longueur d'onde du son émis, on aura donc des phénomènes d'ondes stationnaires qui perturberont le modèle avec une tendance à augmenter le niveau des graves. Dans le cas d'une sonorisation de plein air, on ne pourra pas négliger l'influence du sol qui ne pourra être quantifiée de façon sûre. Le modèle de la sphère pulsante (ou monopole acoustique) ne pourra prétendre à représenter tout le rayonnement d'une enceinte acoustique, mais c'est le modèle le plus simple dont les résultats donnent une bonne approximation de ce qui se passe. C'est pour cette raison que nous continuerons à l'utiliser tout en connaissant ses limites.
Il est d'ailleurs illusoire de vouloir vérifier expérimentalement la validité de ce
modèle car les conditions du champ libre sont pratiquement impossibles à réaliser au
laboratoire pour des fréquences de
à
. Les meilleures chambres
anéchoïques du monde sont très peu fiables en dessous de
. Pour absorber un
son il faut une épaisseur de laine de verre supérieure à la longueur d'onde du son. Or à
la longueur d'onde est déjà de
et à
de
, on
voit les difficultés à surmonter pour réaliser une chambre anéchoïque qui absorbe
réellement les sons produits dans cette gamme de fréquences.
Le meilleur moyen de faire des mesures efficaces consisterait à lancer un ballon captif
au dessus d'une forêt aux alentours de
d'altitude ( en évitant un couloir
aérien ) et de fixer sur le câble l'enceinte à étudier munie de ses instruments de mesure
et d'une liaison radio avec le sol. Il faudra travailler par temps sec car l'air sec
absorbe plus le son que l'air légèrement humide. Tout le monde a constaté qu'on entend
mieux le train dans le lointain quand il va pleuvoir que quand il fait soleil. Tout cela
est hors de portée de l'amateur moyen et nous devrons nous contenter du modèle ci-dessus
pour avoir une idée du rayonnement d'une enceinte acoustique aux fréquences basses.
mystic 2005-08-23