GRATTE-CIELS et TOURS
L’ensemble tour-TMD est soumis à la force extérieure f0(t) portée par l’axe des x. Tous les mouvements se font sur cet axe. La dérivée par rapport au temps de la quantité de mouvement du système vaut mẍ + m1(ẍ + ü) dans le référentiel de le Terre supposé galiléen. La force extérieure de rappel appliquée au système vaut -kx. La relation fondamentale de la dynamique en projection sur l’axe des x s’écrit donc :
![m ¨x + m1[¨x + ¨u] = - kx + f0(t)](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/e351e34b158df85844ef8b6a9df93408.png)
pour le TMD on peut écrire :

Pour la première équation on fait passer le terme -kx dans le premier membre et on divise le tout par m. Il suffit de poser α = m1∕m, k∕m = ω02 et a0(t) = f0(t)∕m pour obtenir l’équation (B1).
De même dans la seconde équation on divise par m1 et on pose k1∕m1 = ω12 et h1∕m1 = 2η1ω1.
ω0 est la pulsation propre de résonance de la tour seule et ω1 est la pulsation propre de résonance du TMD seul.
L’amplitude complexe est une fonctionnelle linéaire définie sur l’ensemble des fonctions sinusoïdales de pulsation ω qui transforme les équations différentielles du temps en équations algébriques. La dérivation par rapport au temps revient à une multiplication par iω.
Les équations (B1) et (B2) deviennent alors :


La seconde équation donne une relation entre U et X :

On divise le deux membres par ω0 pour introduire les coefficients β et z, il vient :

On a ainsi la fonction de transfert en amplitude complexe :

Quand z → 0 alors H1 → 0 ; quand z →∞ alors H1 →-1 le système est un filtre passe-haut du second ordre. Comme on cherche à minimiser le déplacement de la Tour ∣X∣ le dénominateur de ∣H1∣ doit être aussi petit que possible pour un ∣U∣ donné il faut donc ∣H1∣ plutôt grand.
Si b = ẍ alors B = -ω2X ; la première équation en amplitude complexe permet d’écrire :

Comme U = H1.X il vient :

On en tire la valeur demandée :

On cherche à minimiser l’accéléra
Dans les équations précédentes on supprime le terme en η1 et le terme en A0, le système [B] s’écrit donc :


En passant en amplitude complexe on trouve :
![2 2 2 2 H1(z) = --z---- H2 (z) = ------------z-(z---β-)------------- --- z2 - β2 --- [(1+ α )(z2 - β2)+ αz2]z2 - (z2 - β2)](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/b6470d02ed85fde4802a0c3fe2dee94c.png)
On désire |H2| aussi petit que possible, α est au dénominateur de H2, il faut donc prendre α aussi grand que possible. Mais α est le rapport de la masse du TMD et de la masse de la Tour on ne peut donc pas l’augmenter indéfiniment sans quoi la Tour s’effondrerait.
∙ α → 0
La masse du TMD devient nulle. En supposant que la raideur de sa suspension reste finie la pulsation propre du TMD tend vers l’infini ainsi que β. A la limite on peut écrire :

Le TMD n’plus d’action sur le mouvement de la Tour qui oscille sur sa pulsation propre. En revanche si on suppose que β n’est pas totalement infini on peut écrire la fonction de transfert H1 → z2∕(z2 - β2). Pour z < β H1 < 0 le mouvement du TMD est en opposition de phase avec celui de la Tour.Pour z > β le mouvement du THD est en phase.
Le paramètre h1 permet de limiter les mouvements de la Tour et du TMD en absorbant sous forme de chaleur l’énergie mécanique produite par le TMD.C’est pour cette raison que les derniers étages des gratte-ciels récents sont à claire voie pour permettre la dissipation de cette chaleur qui se produit fort heureusement quand il y a du vent.
∙ α →∞
En supposant toujours que la raideur de la suspension du TMD reste finie quand la masse de celui-ci tend vers l’infini sa pulsation propre tend vers 0 ainsi que β. Des relations précédentes on tire :

La Tour ne bouge pas mais elle s’est écroulée sous le poids du TMD.
∙ Cas général pour α
On est toujours dans le cas η1 = 0, la fonction de transfert H1 a pour valeur : H1 = z2∕(β2 - z2). Elle tend vers l’infini pour zAR = β. H1 étant au dénominateur de H2, cette dernière tend alors vers 0.
Exprimons le gain G2 à partir des relations précédentes :
![z2(β2 - z2) G2 = |H2| = |---------2---2------2-2-----2---2- | [(1+ α )(β - z )+ αz ]z - (β - z )](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/1590cc23d71e23f3b070e23b020a59e4.png)
G2 →∞ quand le dénominateur est nul. Après simplification par αz2 dans le crochet il reste :
![[(1 + α)β2 + 1]z2 - z4 - β2 = 0](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/2ee5056ef00c2d6b6a3ddac7db621239.png)
C’est une équation bicarrée en Z = z2 que l’on écrit :
![Z2 - [(1 + α)β2 + 1]Z + β2 = 0](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/fa854fdc2245a2bd3fd3ed5aa0cf99c1.png)
Le discriminant de cette équation du second degré est :
![Δ = [(1+ α )β2 + 1]2 - 4β2](/sites/default/files/imported/Mines_2007_MP_Ph218x.png)
. Si α = 0 il reste (β2 + 1)2 - 4β2 = (β2 - 1)2 > 0, donc pour α > 0 le discriminant de l’équation précédente est positif et il y a deux racines. De plus le produit des racines est positif ainsi que leur somme, il y a donc deux racines positives dont on pourra extraire la racine carrée pour obtenir z. De la sorte le produit :

On a donc bien l’inégalité
Application numérique : avec les valeurs de l’énoncé on trouve zR1 ~ 0,83 zR2 ~ 1,14. Pour ces deux valeurs G2 devient infini, alors que pour zAR = β il est nul (H1 infini).La courbe a l’allure suivante :

Quand η1 →∞ H1(z) → z∕2iη1β. Dans ce cas H2(z) → z2∕[(1+α)z2 -1], G2 est alors infini quand le dénominateur est nul soit pour z∞ = 1∕
= 0,953.
Avec cette expression pour z = 0 G2(z) = 0 puis quand z →∞ G2(z) → 1∕(1 + α) ~ 0,91. on peut tracer la courbe suivante :

zAR = β z∞ = 1∕
. Si zAR = z∞ alors |H1| et G2 sont infinis en même temps soit |X| minimal pour la même valeur de z.
La masse m de la Tour et sa raideur k sont fixées par construction, la masse m1 du TMD ne peut être trop grande pour ne pas modifier la structure de la Tour, on ne peut donc jouer que sur les valeurs de k1 et h1.
Explicitons la valeur de G2 même si elle est un peu compliquée :
![2 G2 = ∘----------z------------ [(1 + α)z2 - 1]2 + 4α22z2- η1β2](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/d1776c5f158271b0db0792b7d0901046.png)
On peut chercher la valeur de G2 pour une valeur particulière de z. Prenons z = β, avec β2(1 + α) = 1 on obtient :

Comme β ~ 1 la courbe A correspond à η1 = 0,1, la courbe B à η1 = 0,3 et la courbe C à η1 = 0,6.
On peut considérer que le gain est une fonction de deux variables G2(z,η1). Si en faisant varier η1 on veut que G2 ne varie pas il faut que la dérivée partielle de G2 par rapport à η1 soit nulle :∂G2∕∂η1 = 0.
L’équation donnant zA et zB est encore une équation bicarrée. On pose Z = z2 l’équation devient : (1 + 1∕β2)Z2 - 4Z + 2β2 = 0. Le discriminant réduit s’écrit donc (on aura tout eu !) : Δ′ = 4 - 2β2(1 + 1∕β2) = 4 - 2β2 - 2 = 2(1 -β2) Compte tenu du choix de β = 1∕
avec α > 0 β < 1. Le discriminant de l’équation est dons positif et il y a deux racines positives (produit positif,somme positive), d’où les valeurs demandées :

Si on admet comme critère de choix que seul le module de l’accéléra
Il faut chercher la relation entre u(t) et a0(t) fonctions sinusoïdales du temps. En amplitudes complexes :

Pour le calcul la valeur numérique de z est de β = 1∕
. En remplaçant par cette valeur dans les expressions de H1 et H2 il vient :

En faisant le produit des deux il vient après simplification :H1.H2 = 1∕α.
Par ailleurs ω1 = βω0, ce qui donne :

A moins de un pour cent près on peut écrire u(t) = -10.a0.cos(ω1t) soit umax = 10a0.
La valeur maximale de l’accéléra
Si on prend z ~ 0,88 alors ω = 0,88.2π∕T0 = 0,92. L’amplitude maximale vaut xmax = ω2bmax = 0,85.0,015 = 0,013 m.
Pour le TMD on prend la valeur de

Tous calculs faits on trouve |H1| = 2,14 = umax∕xmax et umax = 0,028 m
En l’absence de TMD l’équation différentielle du mouvement de la Tour s’écrit pour un mouvement sinusoïdal (-ω2 + ω02)x = A0.cos(ωt) d’où on tire xmax = A0∕ω02(1 - z2) = 0,134 m. On gagne, en gros, un facteur 10 avec le LMD.
Avec les valeurs numériques de l’énoncé

.Tous calculs faits on trouve l = 9,07 m.
L’accéléra
Le mouvement de la Tour n’est plus sinusoïdal pur, il est sinusoïdal amorti de la forme x = X0.e-λt.cos(ωt).
L’équation différentielle du mouvement de la Tour s’écrit mẍ + hẋ + kx = o. L’équation en r est de la forme r2 + hr∕m + ω02 = 0 dont les racines sont de la forme r =
. En supposant h∕m suffisamment petit devant ω02 on peut écrire r = -h∕2m ± iω0. Ainsi x = X0.e-ht∕2m cos(ω0t). A l’instant t = 0 l’énergie mécanique est proportionnelle au carré de l’amplitude X02. Une période plus tard l’amplitude n’est plus que X0.e-hT0∕2m, la variation relative d’énergie vaut donc 1 - e-hT0∕m = 0,02. Avec T0 = 2π
hT0∕m = 2πh∕
= 4πη et on a 0,98 = e-4πη d’où l’on tire

On dispose d’un accéléromè
En revenant au domaine des pulsations on peut écrire la fonction de transfert H1 = U∕X sous la forme :






On peut ainsi tracer les diagrammes asymptotiques donnant 20.log[G1(ω)] et ϕ1(ω) en fonction de ξ log(ω) où ξ est un coefficient d’échelle. Pour ne pas encombrer les graphiques on ne mettra que les valeurs de ω sur l’échelle logarithmique
Pour savoir quand G1(ω) peut passer par un maximum on divise le numérateur et le dénominateur par ω2, il vient

Posons pour simplifier σ = ω02∕ω2 le terme sous le radical s’écrit

C’est un trinôme du second degré avec premier coefficient positif, il passe donc par un minimum pour

Comme σ est un carré cette valeur doit être positive et donc

On constate bien que G1 passe par un maximum pour des valeurs faibles de l’amortissement.
On veut réaliser un filtre passe-haut avec un circuit R,L,C série. On applique la tension d’entrée aux bornes du circuit et on recueille la tension de sortie aux bornes de la bobine. La fonction de transfert en amplitude complexe s’écrit :


Comparons avec la valeur de

On constate, qu’au signe près, on a la même forme et qu’il suffit de prendre 1∕LC = ω12 = β2ω02 et 2η1∕ω1 = RC
Avec les valeurs numériques de l’énoncé on trouve LC = 0,98 R∕L = 0,38. si on prend L = 10 Henry on trouve C = 98 mF, ce qui est énorme et ne se trouve que pour des condensateurs électrochimiques dont les valeurs ne sont pas garanties. Et on a R = 3,8 Ohms
Pour le calcul on supposé que la bobine avait une résistance nulle or cela est rigoureusement impossible et cette analogie ne peut pas fonctionner. Ce type de méthode date des années 1920 du temps où l’électronique s’appelait encore la T.S.F. et où les ordinateurs n’existaient pas encore.Actuellement on n’a plus besoin de cette vieillerie et il est étonnant qu’on y fasse encore allusion !
Pour finir de répondre à la question pour changer le signe de la fonction de transfert il suffit d’utiliser un amplificateur opérationnel en montage inverseur. Si on veut simuler le comportement de la Tour à l’aide d’une maquette électrique on peut aussi utiliser des montages à amplificateurs opérationnels dérivateurs pour reproduire les équations différentielles du système.
La seule force intérieure qui travaille est la force de frottement fluide. Pour simplifier le calcul posons u = u0 cos(ωt). Alors
= -ωu0 sin(ωt). Pour une variation élémentaire de déplacement du le travail élémentaire de cette force est

Intégrons sur une période
![2 1--cos-2ωt T 2 W = h1(ωu0) [ 2 ]0 = h1(ωu0) T∕2](/sites/www.brouchier.com/files/mobileplugin/180x180/6c57c36d041e4faf9a6faad953f569bd.png)
D’autre part u0 = G1.x0. La puissance moyenne vaut donc :

On donne p1 =< P1 > ∕x02 = h1G12ω2∕2. Le système u(t) fonction de x(t) est un filtre passe-haut. Pour ω faible le ”nouveau u” est faible et la puissance dissipée est faible.Pour η1 = 0,2 il y a un maximum de l’amplitude qui correspond à la bosse sur la courbe, puis la puissance réduite continue à augmenter.
Le déphasage ϕ1(u) doit être de 180∘ pour avoir l’opposition de phase. Si le système électronique d’asservissement a un défaut de fonctionnement, le remède peut être pire que le mal (mise en phase). On peut rapprocher un tel système de l’absorption acoustique active qui, depuis plus de trente ans qu’on l’étudie, n’arrive pas à fonctionner correctement.